Montréal, Canada, le 22 juillet 2026 — L'inégalité la plus déterminante du 21e siècle ne se mesurera peut-être pas en dollars, mais en accès à l'intelligence artificielle et aux données qui l'alimentent. Cette préoccupation a marqué les échanges lors d'une rencontre privée réunissant des lauréats du prix Nobel à Rome plus tôt ce mois-ci, où l'expert canadien en souveraineté de l'IA, Richard St-Pierre, a contribué à une déclaration d'envergure et lancé un message clair aux puissances intermédiaires du monde : agir ensemble dès maintenant ou risquer de devenir des « colonies numériques ».
Tenue du 14 au 16 juillet en Italie, la Global Nobel Laureates Assembly on Artificial Intelligence and Nuclear War a réuni près de 200 participants provenant des quatre coins du monde, dont 30 lauréats du prix Nobel, des décideurs publics, des chercheurs, des dirigeants d'entreprise et des leaders d'opinion internationaux. Représentant Levio, M. St-Pierre a été choisi par les organisateurs pour présider l'un des seuls groupes de travail consacrés à l'intelligence artificielle et contribuer à l'élaboration de recommandations sur l'avenir de sa gouvernance. Les discussions ont culminé le 16 juillet avec la signature de la Rome Declaration on an Unarmed and Disarming Peace in the Age of Artificial Intelligence, un cadre visant à promouvoir le développement et la gouvernance responsables de l'IA au service de l'humanité.
À titre de président du groupe de travail sur la démocratie, la souveraineté, la gouvernance et la liberté humaine à l'ère de l'IA, M. St-Pierre, conseiller sénior en souveraineté quantique et IA chez Levio, a dirigé les échanges sur certaines des questions les plus structurantes auxquelles font face aujourd'hui les États et les organisations : gouvernance de l'IA, souveraineté numérique, intégrité de l'information, protection de la vie privée, participation citoyenne et dépendance stratégique envers les technologies étrangères. Le groupe a notamment examiné la façon dont les sociétés démocratiques peuvent gouverner les espaces publics numériques, contrer la concentration du pouvoir technologique et veiller à ce que l'IA renforce la reddition de comptes et les institutions démocratiques plutôt qu'elle n'érode la confiance, la liberté et l'autonomie des citoyens.
Le risque des « colonies numériques »
Concevoir aujourd'hui un modèle fondamental d'IA concurrentiel exige des investissements qui dépassent les capacités de la quasi-totalité des États et des entreprises. Pour Richard St-Pierre, l'urgence est d'abord structurelle. Si cette situation demeure inchangée, une part grandissante de l'infrastructure qui orientent la vie des citoyens — la façon dont ils apprennent, travaillent, s'informent et participent à la vie démocratique — risque de se retrouver entre les mains d'un petit nombre d'acteurs étrangers. Dans ce contexte, la dépendance n'est plus seulement une question commerciale : elle devient un enjeu de souveraineté.
Au 20e siècle, l'inégalité était définie par l'accès à la richesse financière. Au 21e siècle, elle sera définie par l'accès à l'intelligence artificielle et aux données qui l'alimentent. Le Canada a un rôle unique et important à jouer dans l'évolution de cette technologie, parce qu'il combine une expertise technique de pointe à une longue tradition de multilatéralisme et de gouvernance responsable. Mais aucune puissance intermédiaire ne peut relever ce défi seule. Si nous n'agissons pas ensemble, nous ne ferons pas simplement du surplace; il existe un risque de devenir des colonies numériques, contraintes de louer l'infrastructure de nos propres sociétés auprès de puissances qui ne répondent pas à nos citoyens. Nous pouvons encore éviter cet avenir. La fenêtre d'opportunité est ouverte, mais elle se referme rapidement.
L'un des thèmes récurrents des interventions de M. St-Pierre à l'Assemblée portait sur la manière dont les puissances intermédiaires peuvent renforcer leur position grâce à une plus grande collaboration plutôt qu'en tentant de rivaliser financièrement avec les superpuissances de l'IA. Les discussions ont notamment porté sur les données souveraines, les approches collectives en matière de souveraineté numérique et la coopération entre pays partageant des valeurs et des intérêts communs.
Pour le Canada, ces questions ne sont plus théoriques. À mesure que l'intelligence artificielle s'intègre aux services publics, au système de santé, à l'éducation et au développement économique, le contrôle des données, des infrastructures numériques et des systèmes d'IA devient de plus en plus lié à la compétitivité, à la résilience et à la souveraineté. Les discussions tenues à Rome ont mis en lumière une prise de conscience grandissante : les puissances intermédiaires devront collaborer davantage si elles souhaitent influencer le développement de ces technologies, plutôt que de simplement les adopter.
Ce défi s'inscrit déjà dans un débat plus large, au Canada comme à l'international, sur la façon dont les puissances intermédiaires peuvent renforcer leur position dans un environnement technologique où les capacités, les données et l'influence sont de plus en plus concentrées entre les mains d'un petit nombre d'acteurs. Lors du Forum économique mondial de Davos en janvier dernier, le premier ministre Mark Carney a exhorté les puissances intermédiaires à reconnaître leur poids collectif et à agir de concert, soulignant que « l'intégration devient une source de subordination » lorsque la dépendance devient un levier d'influence. Le Canada combine une expertise reconnue en intelligence artificielle et une longue tradition de coopération multilatérale et de gouvernance, des atouts qui pourraient favoriser une approche plus collaborative entre les puissances intermédiaires.
Gouverner l’avenir
Lors de l'Assemblée, Marc-Antoine Pinard, chef de la technologie et de l'intelligence artificielle chez Levio, a également animé des discussions portant sur la souveraineté numérique, la gouvernance des données, les infrastructures de confiance et l'éthique de l'IA. Ces échanges ont exploré la façon dont les organisations et les États peuvent concilier innovation et reddition de comptes tout en conservant le contrôle de leurs actifs numériques stratégiques, de leurs infrastructures et de leurs processus décisionnels.
Des rencontres comme cette Assemblée sont essentielles, car les choix que nous faisons aujourd'hui détermineront l'héritage que nous laisserons à la prochaine génération. L'intelligence artificielle n'est plus simplement un outil que nous utilisons : elle devient un acteur influent au sein des systèmes qui façonnent notre manière de travailler, de prendre des décisions et de vivre. Nous passons d'une logique d'amélioration de l'existant à une transformation beaucoup plus profonde des résultats que ces systèmes peuvent générer.
Pour Levio, ces enjeux reflètent ceux auxquels sont confrontés les organisations et les gouvernements partout en Amérique du Nord, au sein des puissances intermédiaires et dans les économies émergentes alors qu'ils cherchent à accélérer l'adoption de l'IA de manière responsable tout en conservant la maîtrise de leurs données, de leurs modèles, de leurs infrastructures et de leurs décisions.
Les pays qui prospéreront à l'ère de l'intelligence artificielle ne seront pas ceux qui disposeront de la plus grande puissance de calcul. Ce seront ceux qui auront le courage d'agir ensemble, tant qu'il est encore temps.
À propos de Levio
Levio est l’un des deux plus importants intégrateurs de systèmes entièrement détenus par des intérêts canadiens et spécialisés en transformation numérique au pays. Forte de près de 2000 professionnels, l’entreprise accompagne les organisations dans la concrétisation de leur vision et la création de valeur mesurable.
Levio se distingue par sa capacité à orchestrer des initiatives complexes à grande échelle, en s’appuyant sur une expertise de pointe en intelligence artificielle, infonuagique, cybersécurité et données. Elle dessert divers secteurs, dont les gouvernements, les services financiers, l’assurance, la santé, l’aérospatial et le commerce de détail.
Au-delà de ses propres pratiques, Levio démontre son engagement envers une IA responsable par sa participation à des initiatives structurantes pour l’industrie. L’entreprise est signataire de la déclaration We Must Act Now: A Statement on AI’s Transformation of the Economy ainsi que du Code de conduite volontaire du gouvernement du Canada sur le développement et la gestion responsables des systèmes d’IA générative avancés.